Lettre aux Amis des Frères Carmes Déchaux


    Lettre Noël 2004.


Editorial

      Chers amis,

« Le Verbe s'est fait chair ! »

Dans la nuit de Noël, un cri a retenti annonçant l'extraordinaire nouvelle : notre Sauveur vient à nous, vêtu comme le pauvre dans son humilité.

Et il ne cesse de venir à nous, chaque jour, dans l'humble hostie où son Corps nous est livré pour notre salut. L'humilité de la crèche renvoie  au signe voilé de l'Eucharistie.

En cette année consacrée à l'Eucharistie, nous sommes plongés dans la folie de l'Amour de notre  Sauveur, qui frappe humblement à notre porte : « Ouvre moi, ma colombe ! Montre moi ton visage, fais moi entendre ta voix, car ta voix est douce et charmant ton visage » (Cantique des Cantiques). Oui, le mystère de Noël, le mystère de l'Eucharistie, nous dévoilent le Cœur de notre Dieu, assoiffé de notre salut.

« Je viens assoiffé de te consoler. J'ai soif de toi. J'ai soif de ton amour. J'ai soif d'être aimé par toi. J'ai soif de toi tel que tu es.Tu penses que c'est dur à croire ? Alors, regarde vers mon Eucharistie. J'ai soif de toi, de ton amour » (Mère Teresa)

Nous vous souhaitons un joyeux Noël et une année remplie de grâces !

fr Marie-Joseph & fr Martin

Engagement

Comme dans les excursions en montagne, il y a des moments privilégiés dans nos vies où le Seigneur nous fait la grâce de parvenir à un panorama d'où l'on peut embrasser d'un seul regard tout le chemin parcouru.

C'est un peu cela que j'ai vécu dans la profession. Avec toutes les personnes présentes, physiquement ou par la prière, j'ai eu l'impression de revoir toute ma vie, tout ce qui a été vécu avec chacun, à chaque étape, et de pressentir toutes les grâces que le Seigneur m'a accordées depuis le début du chemin.

    C'est d'ailleurs ce qui fera toute notre joie dans le ciel : nous aurons la claire vision de toutes les grâces accordées et de la manière dont y auront collaboré ceux que nous aimons et ceux que nous ne connaissons pas encore… bref : combien nous sommes enfants de l'Église.

   Un deuxième enseignement que j'ai retenu de cet engagement à la suite du Christ, c'est que c'est surtout Lui qui s'engage. Il s'engage à nous rendre saints, à nous consacrer à Lui, pour son Père et Il le désire encore plus que nous ! C'est son grand désir et c'est à cet élan de son cœur qu'il nous est demandé de répondre et de communier. Dieu est prêt à aller très loin avec nous, à nous prendre tout entier et tout pour lui…

Demandons à l'Enfant Jésus qui vient – et demandez-le pour moi –, qu'il puisse « ne pas se gêner avec nous ». Soyons de ceux qui comme les petits enfants se laissent facilement avoir et en toute occasion !

fr Emmanuel-Marie, Montpellier

Le frère Emmanuel-Marie a prononcé son engagement définitif à Montpellier le 2 octobre 2004

 

Le ministère de diacre

Le ministère du diacre

« Fils bien-aimé, je te rappelle que tu dois réveiller en toi le don de Dieu que tu as reçu quand je t'ai imposé les mains »

Cette interpellation de Paul à Timothée m'interpelle et me convoque dans mon ministère de diacre. L'ordination diaconale me configure au Christ serviteur ; désormais, il agit d'une manière particulière à travers moi… Par moi, il veut bénir, éclairer, réconforter et servir chacun de mes frères, qui sont les siens.

Cela demande beaucoup d'humilité mais aussi beaucoup de vigilance, afin de ne pas poser d'entrave à l'action de Dieu. « Heureux le serviteur que le Maître, à son retour, trouvera en tenue de service… »

À travers mon ministère, je rends grâce au Seigneur de pouvoir proclamer la Bonne Nouvelle du Salut, d'élever la Coupe du Salut et d'éveiller dans le cœur de mes frères des étincelles d'amour.

fr Olivier-Marie, Montpellier

Le frère Olivier-Marie a été ordonné diacre ainsi que le frère Damien (Fribourg) le 29 mai 2004

 

Vie au Saint Désert

Dans les multiples aspects de la vocation carmélitaine de notre Province, le Saint-Désert occupe une place un peu particulière. Dans cette communauté, l'accent est mis presque exclusivement sur la prière, le silence, la solitude en ermitages et le travail manuel. Des frères « permanents » assurent le fonctionnement de la maison et de la grande propriété forestière qui l'entoure. D'autres frères sont là, mais de passage, pour faire un temps de retraite dans ce lieu qui s'y prête tant.

Quatre frères permanents forment actuellement la communauté: fr François, prieur depuis six ans ; fr Jean-Fabrice, qui assume, entre autres tâches, celle d'économe. Enfin, fr Dominique, dont les compétences (il est plombier de métier) sont mises à contribution pour poursuivre le gros travail de rénovation entrepris depuis plus de 5 ans.

Quant au dernier arrivé, fr Vincent-Marie, il a troqué le casque colonial du missionnaire du Sénégal pour le casque de sécurité du parfait bûcheron et, armé d'une tronçonneuse, il aide le père François dans les travaux d'entretien de la propriété. Ce travail de plein air très « physique » lui a redonné des forces et rendu la santé.

La communauté ainsi constituée est très complémentaire et unie. Il règne visiblement une atmosphère de paix et de sérénité que la vie de prière, de jour comme de nuit, consolide et intensifie. L'arrivée de l'hiver (bien adouci par les bons poêles à bois des ermitages) verra se raréfier un peu les séjours des frères de la Province, encore que quelques courageux n'hésitent pas à venir, sachant que c'est une période où règnent plus que jamais le silence et la solitude.

Le Désert, comme toujours depuis les premiers moines, garde un charme et une attirance que les mots ne peuvent traduire. La présence de Dieu y est forte et agissante. Pour un frère carme qui se rend au Désert, elle prend la forme d'un renouvellement, d'un approfondissement, peut-être même d'un nouveau noviciat, afin de mieux se donner à Dieu et de mieux donner Dieu aux autres.

Le Désert est aussi un lieu où l'on a plus à cœur d'intercéder pour les frères et les amis de la Province immergés parfois dans des soucis, des préoccupations ou des apostolats bien difficiles à gérer. Les évènements de la Province ont moins de résonances extérieures sur la communauté, mais on essaie d'y communier plus profondément, plus intérieurement.

fr Vincent-Marie, Roquebrune

Institut de spiritualité

L'Institut Jean de la Croix existe maintenant depuis six ans. Installé au couvent de Toulouse, il a pour but, suivant l'intuition du P. Joseph Baudry, de favoriser les études et la recherche en spiritualité, et bien sûr de faire connaître plus particulièrement notre héritage carmélitain.

Aussi organise-t-il des conférences d'ordre scientifique ou plus pastoral destinées à atteindre un large public : chrétiens soucieux de leur vie spirituelle, prêtres en formation permanente ainsi que toute personne dont l'intérêt est suscité par la vie mystique. Afin de répondre à ces besoins divers, l'Institut collabore avec l'Institut catholique ainsi qu'avec la Médiathèque José Cabanis de Toulouse et fait appel non seulement à des frères carmes mais aussi à des intervenants extérieurs.

Cinq cycles de conférences sont ainsi proposés :

Le cycle Vie spirituelle et ministère presbytéral réunit des prêtres pour les aider à unir leur vie de prière et leurs travaux apostoliques et pour stimuler en eux la vie d'oraison nécessaire à leur charge pastorale. Les autres cycles sont destinés à tout fidèle.

Chaque mois, une matinée est consacrée à l'étude d'une œuvre spirituelle et à la lecture commentée de quelques extraits de celle-ci. Un thème d'année fait le lien entre chacun de ces six ou sept textes, qui nous font parcourir toute l'histoire de la spiritualité, depuis l'Écriture sainte, les Pères de l'Église et le Moyen Âge jusqu'aux époques moderne et contemporaine. Le sujet choisi cette année est celui des traités d'oraison au sens large, que ce soit les psaumes, la Lettre à Proba de saint Augustin ou la « somme de théologie spirituelle » du Père Marie-Eugène, Je veux voir Dieu. 

Plus attentif à la vie de prière au quotidien, un cycle d'approfondissement de la vie spirituelle traite de questions plus pratiques et pastorales et suscite un vif intérêt auprès des fidèles. La lecture spirituelle, l'ascèse, mais aussi les sécheresses et distractions, sont quelques-uns des sujets abordés cette année par les frères.

 Bien entendu, l'enseignement de nos saints n'est pas négligé. Comme chaque année, une œuvre est lue et commentée à raison d'une rencontre par mois. Ainsi, depuis novembre dernier, Juliette Bordes, qui avait déjà commenté le Livre des Demeures de sainte Thérèse d'Avila il y a deux ans, présente à près de trente personnes le Cantique spirituel de saint Jean de la Croix.

Cette invitation à se nourrir de la tradition carmélitaine trouvera un écho en mai et juin prochains au cours de quatre conférences consacrées chacune à un auteur du Carmel mais d'un point de vue thématique, afin de considérer le rapport de l'homme spirituel au monde créé.

Enfin deux colloques seront tenus en lien avec l'Institut. L'un étudiera pendant deux jours, les 4 et 5 mars 2005, l'œuvre d'Édith Stein - devenue au Carmel Thérèse-Bénédicte de la Croix - sous tous ses aspects, tant philosophiques que religieux. L'autre aura lieu le 9 mars suivant à la médiathèque de Toulouse et confrontera des mystiques issus des trois religions monothéistes.

L'affluence d'auditeurs que rencontrent nos premières conférences et qui nous oblige à quelques aménagements matériels, témoigne bien de la soif spirituelle qui habite l'homme contemporain. C'est pourquoi l'Institut Jean de la Croix entend répondre pour aujourd'hui à la vocation traditionnelle des carmes de montrer aux autres les chemins de la contemplation : contemplationem aliis tradere.

fr Yves-Marie, Toulouse

Le site du Carmel en France

Nous vos proposons deux articles complémentaires portant tous deux sur l'Internet: deux manières d'investir ce nouvel espace — tout virtuel soit-il ! — pour y remplir une mission carmélitaine.

Proposer le Carmel

Où trouver une citation des Manuscrits autobiographiques de Sainte Thérèse de Lisieux, une méditation de qualité sur l'Evangile dominical... ou l'adresse du Carmel de Verdun pour offrir une couette en duvet d'oie à ma filleule pour Noël ? Votre premier réflexe est d'utiliser le moteur de recherche google.fr (pour citer le plus couramment utilisé) ou celui de la Conférence des Evêques de France (cef.fr). Que découvrez-vous ? Une base de données certes très riche et utile, mais peut-être dépourvue de spiritualité.

Accessible par www.carmel.asso.fr, le site du Carmel en France offre bien plus que tout cela : créé par des hommes et des femmes vivant des états de vie et des situations très diverses, il se met au service de toute personne désireuse de connaître davantage la spiritualité carmélitaine : son histoire – en cette année où nous célébrons le quatrième centenaire de l'arrivée des filles de sainte Thérèse en France –, les grandes figures carmélitaines –  visages de lumière et autres fous de Dieu –, la prière – pour méditer cette semaine – repères simples pour la prière – ou les adresses et activités des différents lieux d'accueil.

Mais plus encore, au fil des différentes rubriques, l'internaute découvre une grande famille : l'Ordre - avec ses trois branches : les sœurs carmélites, les frères carmes et les laïcs du Carmel (le saviez-vous ?), les Congrégations contemplatives et apostoliques et les Instituts (comme l'Institut Notre-Dame de Vie).

C'est alors que votre recherche s'affine, et de lien en lien, tout votre être est tendu vers ce ‘je ne sais quoi' qui relie entre eux ces hommes et ces femmes si divers et pourtant animés par la même soif de Dieu, du Dieu vivant… et vous souhaitez en connaître davantage.

Que leur apporte le Carmel ? Qu'ils soient mère de famille ou prêtre diocésain, chef d'entreprise ou infirmière, des personnes de tous horizons témoignent de leur amour du Carmel et de la place qu'il prend dans leur vie quotidienne.

Le Carmel : une véritable école de vie pour tous ceux qui en vivent et désirent ardemment faire partager cette richesse. C'est pourquoi le site fait une place de choix à la prière vivante (à travers les prières d'intercession et la communion de prière).

En résumé : pour toute personne désireuse de trouver, au-delà d'une simple connaissance livresque, une vraie nourriture spirituelle, le site du Carmel se "met en tenue de service" pour nous dire : « Il est vivant, le Seigneur devant qui je me tiens. »

Christine Razaghi ocds
Fraternité de St-Quentin en Yvelines

Intentions de prière sur le Net

Intentions de prière sur le Net

Les intentions de prière qui nous proviennent du Site s'ajoutent à celles que nous recevons par les canaux plus ‘traditionnels' (courrier, famille, porterie, etc., voire notre propre adresse e-mail).

Réparties entre différents Carmels, nous en recevons ici 6 à 10  chaque fois.

Comment sont assumées ces intentions ?     Au début, la sœur chargée de réceptionner les divers mails les lisait et les portait dans sa prière personnelle et aux Offices liturgiques.

Par la suite, les intentions devenant plus nombreuses, elles furent imprimées ; chaque sœur  en reçut 1 ou 2. Chaque jour à la fin de l'office de None, nous confions plus spécialement au Seigneur par Marie toutes ces demandes (joies et espoirs, tristesses et angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de ceux qui souffrent) à travers la prière du « Souvenez-vous », des Litanies ou d'un chant.

Enfin, depuis 6-8 mois, il nous a semblé important de porter « ensemble » ces intentions, car certaines étaient très denses (souffrances ou joies) : lors de nos rencontres communautaires, chacune lit l'intention confiée mais toutes l'accueillent, comme nous le faisions déjà pour d'autres intentions reçues par ailleurs (porterie, familles des sœurs, intentions déposées à la Cathédrale par les pèlerins de Saint Jacques etc.)

Ceux qui écrivent… D'où sont-ils ? De France, d'Angleterre ou d'Espagne, mais aussi du Québec, de Guadeloupe ou de la Réunion, de pays d'Afrique (Togo, Bénin, Côte d'Ivoire, ..) ou des pays de l'Est (Ukraine, Roumanie,..)

La plupart s'expriment en français, quelques mails sont en anglais ou en espagnol.

Leurs demandes ? Surtout des demandes en vue d'un vrai bien pour eux-mêmes ou pour des proches (famille, collègues, pays) : travail, guérison, conversion, santé, entente, prière à l'approche de l'entrée dans la Vie. Nous sommes souvent émerveillées de la grande générosité des demandes, de leur profondeur spirituelle et de la fréquence de l'action de grâce.

Nous-mêmes ? Nous sommes très marquées par la confiance des personnes qui écrivent. Confiance envers le Seigneur : c'est vraiment un cri vers Dieu (Jésus) ou vers Marie, avec des mots très simples.

Confiance aussi envers les carmélites : beaucoup croient en la prière, ils se livrent eux-mêmes, et nous le recevons avec respect et merci, car cela nous aide aussi, dans cette fécondité spirituelle que le Seigneur permet à travers notre vie.

Les liens créés. Invisibles, le plus souvent, tissant une toile de prière et d'amour, de fraternité. Il arrive que certains reviennent régulièrement déposer des intentions, ainsi une association pour des malades et handicapés. Un simple Accusé de Réception suffit, ils savent que nous prions.

Parfois nous répondons, mais toujours brièvement (Ex. :‘Oui, nous prions pour vous et avec vous.') car pour nous demeure la nécessité d'un effacement fait de silence et de discrétion : C'est l'Esprit qui travaille les cœurs.

Cet été, avec une chaîne de priants (sur le Net) nous avons vécu une proximité très grande avec Fanny, une jeune affrontée à une mort proche. Fanny a rejoint le Père le 14 septembre dernier. Voici un extrait de notre correspondante :

« Beaucoup demandent ‘Qui nous fera voir le bonheur ?' Sur nous Seigneur, que s'illumine ton visage ! » Voici ce que l'on aurait pu dire en voyant Camille le mardi 21 septembre pour la cérémonie religieuse en l'honneur de sa soeur Fanny : toute de blanc, elle rayonnait de sa présence mais surtout de son sourire, je pense qu'elle était digne de sa petite sainte de soeur.

Les parents quant à eux, étaient effondrés mais serein à la fois ; la cérémonie s'est déroulée dans l'église presque pleine, en partie la famille et les amis et collègues tous non-croyants (mais étaient très émus d'être ici), et vous tous surtout qui avez tant prié pour Fanny. (…)  Je souhaitais simplement vous remercier, et on ne le fera jamais assez, merci du fond du coeur, vous avez été l'instrument de la Divine Miséricorde, dans le silence de la prière. Avec vous je rends grâce au Seigneur Créateur de toutes choses, pour le don de la vie et de la foi que nous avons vu se déployer sous nos yeux pendant la maladie de Fanny, désormais elle prie pour nous.

L'autre jour Camille m'a envoyé un message qui disait : « Je voulais surtout te remercier pour les réponses des religieux qui ont été très importantes pour moi dans toute cette traversée. » Je pense que cette phrase texto se passe de commentaires. »

Un autre mail  (d'un futur diacre) vient nous confirmer dans ce service caché de la prière :

« Chères soeurs, je vous écris aujourd'hui tout d'abord pour vous remercier de tout coeur pour votre prière et votre réponse. Je sais qu'on ne mesure pas toujours l'effet de notre prière c'est souvent dans la foi que cela se passe. Mais je peux vous dire combien votre prière m'a porté. Sans doute le fait de me savoir pris dans votre intercession m'aidait à demeurer dans la confiance sur un plan tout humain, mais bien plus encore, j'ai pu expérimenter cette force qui nous vient de la communion des saints.

Et puis j'ai vécu d'une manière inattendue et toute simple un compagnonnage avec la petite Thérèse, qui m'aidait à avancer aux moments décisifs, elle qui est entrée au Carmel pour prier pour les prêtres, et qui voulait être missionnaire

Je vous écris cela car c'est ma manière de vous remercier pour votre aide, et puis je sais que cela vous encouragera dans votre vocation de prière au coeur de l'Église. …

J'ai encore bien besoin de votre prière !... Je prie aussi pour vous. Bien fraternellement, avec gratitude ! B. »

Carmel d'Aire sur Adour (Landes)

Sénégal

“Na nga def ? Maa ngi fi rekk”

On n'imaginerait pas se parler sans prendre le temps de se saluer et de demander les nouvelles de chacun ! Alors sachez que vos frères missionnaires se portent très bien, heureux d'entrer dans la saison bien sèche et plus fraîche.

Aurions-nous fait vœux de… mobilité ? On pourrait le penser, car nous venons de vivre notre 3ème déménagement sur Kaolack. Notre-Dame du Rosaire nous accueillait  le 7 octobre dernier dans le quartier de Kasnack, en « son » couvent de l'Enfant-Jésus.

A vrai dire, c'est un Bethléem rêvé, vaste (300 m2), près du centre, dans une zone sécurisée (prison, gendarmerie, caserne, sapeurs pompiers !) et surtout presque calme, en tous cas sans comparaison avec Boustane et Sam. Les muezzins sont un peu plus lointains, et les nuits bien meilleures… Merci St Joseph pour ce superbe cadeau !

Poussière sans nom, moustiques gourmands et travaux de toutes sortes furent notre pain quotidien durant ces semaines d'installation, sans parler de la fréquentation (et surveillance !) des multiples ouvriers. Voilà qui ne manque pas d'enseignements pour les jeunes africains que nous sommes presque tous. Et cela sonne comme un nouvel élan dans l'aventure de la fondation : nous voilà très bien pour attendre NDiaffat.

Qu'en est-il du projet ? Lui aussi a pris un rythme africain…

Une étape décisive a tout de même été franchie avec la clôture du terrain, la plantation de multiples pousses d'arbres et bientôt la confection d'un petit puits d'appoint pour l'arrosage des plants. Les diverses parcelles ont été attribuées : le sanctuaire, le séminaire de propédeutique, la petite maison des sœurs, et le couvent (10 hectares) au fond de l'espace… au calme.

Nous vivons d'espérance et de confiance (aussi en vous !) pour la suite…

Et notre action de grâce est immense. D'abord pour l'entrée au postulat (1 an) le 15 août dernier de René, jeune sérère du pays. Il est encore seul en formation, mais de nombreux regardants passent…

D'autre part, l'insertion et le service ecclésials se poursuivent. Nous faisons désormais partie du paysage de cette petite Eglise famille de Kaolack (environ 30 prêtres et 13000 fidèles), et sommes de plus en plus sollicités : multiples demandes (récollections, conférences, accompagnements) en particulier des nombreuses congrégations religieuses féminines. Les amitiés s'approfondissent, et nous apprenons l'Afrique, sa grâce impressionnante d'accueil, d'amitié, de fête…

Il y aurait tant encore à partager !

    Gageons que l'occasion nous sera encore donnée.

    Et que le Seigneur bénisse votre engagement à nos côtés. Oui, que vive l'Evangile en cette terre du Sénégal !

fr Marie-Pierre, Kaolack

Les frères aux Québec, une nouvelle étape

L'année 2004 nous a surpris avec l'appel d'un évêque nous proposant un couvent situé au cœur du Québec.  Bien proportionné de taille avec ses 15-18 cellules, une chapelle lumineuse (sept verrières illuminent le côté oriental), et se trouvant d'un centre urbain, nous nous sommes rapidement rendu compte qu'il s'agissait d'une affaire intéressante… 

Après maintes études et visites, le Conseil provincial nous autorisait à acquérir ce couvent de moniales adoratrices voisin du sanctuaire marial Notre-Dame du Cap, à Trois-Rivières (126 000 habitants).  Nous habitons désormais à mi-chemin entre Montréal et Québec, c'est-à-dire sur l'axe principal du Québec.

Pendant l'été, d'importants travaux de réaménagements ont vu jour.  Il fallait entre autres doubler les anciennes cellules, créer une salle de conférence et des parloirs, recomposer la porterie et la chapelle afin que l'accès y soit plus aisé pour les fidèles, enfin mettre le couvent aux normes de la Régie du bâtiment. 

Par une corvée de ménage et en assumant la cuisine, une trentaine de bénévoles locaux a rendu possible l'inauguration à courte échéance.

En effet, c'est le 15 octobre, solennité de N.M. Sainte Thérèse, que nous avons célébré cet événement fondateur.  Mgr Martin Veillette, évêque de Trois-Rivières, a souligné que la présence des Carmes aiderait les personnes en recherche de Dieu à se laisser conduire par l'Esprit.  Plus de 200 amis et bienfaiteurs nous entouraient en cette journée «portes ouvertes». 

Cinq jours plus tard, nous fêtions nos bénévoles dans la joie et les chants à la nouvelle salle de conférence.

Le déménagement des cartons et du mobilier en provenance de Montréal s'est poursuivi pendant les mois de novembre et de décembre.  Les six frères étaient enfin réunis pour la semaine préparatoire à Noël. 

    Frère Jean-Joseph-Marie, Provincial, a accompagné les Frères dans cette démarche importante pour l'avenir. 

    Nous attendons du renfort durant l'année 2005 … et des vocations si Dieu le veut bien !  Merci de nous porter dans votre prière.

fr Stéphane, Trois-Rivières

La foi et la Fête

« Si tu savais le Don de Dieu »

Festival 2004 – Maranatha, Fribourg

  Le 8 septembre 2004, le journal local fribourgeois, « La Liberté » titrait : « Un festival entre au couvent -  Le groupe Maranatha organise un festival dans un lieu surprenant : le Couvent des carmes de Fribourg.»

Surprenant ?

Essayons de comprendre en utilisant les trois sous-titres de l'article cité : « Ni rétro, ni coincés ; Un témoignage ; Un fête unique »

Ni rétro, ni coincés.   Maranatha, c'est un groupe dynamique de jeunes chrétiens désireux de vivre leur foi « autrement ».

Ce qui caractérise Maranatha, c'est que c'est d'abord un espace libre, donnant de la place à tout un chacun, accueillant des sensibilités variées en leur permettant de s'exprimer dans le respect mutuel.

Il y a ceux qui vivent leur foi plutôt dans la louange, par la musique ; il y en a d'autres qui choisiront plutôt la prière etl'adoration.

Ces différences s'épanouissent et s'expriment aussi dans le déroulement de nos rencontres bimensuelles, au couvent des carmes, accompagnés de notre aumônier, le fr Charles-Henry. Débutant par la louange en musique, nous écoutons un enseignement, nous prenons un temps d'adoration, prions Complies avec les frères et partageons ensuite un moment amical ensemble.  

Trois ou quatre fois par année, nous partons en week-end, moments plus intenses, que ce soit au niveau de la foi qu'au niveau de la fête, avec moult crêpes-parties, jeux de société et fous rires.

Oui, Maranatha est un groupe où il fait « bon vivre » ! Nous cherchons à grandir ensemble et nous construire dans toutes les dimensions de la personne, sous le regard de Dieu et de Marie, sa Mère: chemin de sainteté, de profondeur humaine et spirituelle, d'unité et de maturité du cœur, de liberté et de responsabilité.

Il y a certes des différences – d'âge, de culture, de vocation – mais elles sont toutes orientées et vécues autour du centre vital de Maranatha : le Christ.

Le nom même « Maranatha » est l'expression la plus forte de l'attente impatiente de la Parousie, le retour du Christ. "Que ton règne vienne!" Telle est notre supplication quotidienne, notre cri chaque jour en Église, avec toutes les Églises chrétiennes.

Un témoignage.  Fin 2002, germe le désir de créer un festival, vu comme l'aboutissement, le couronnement de ce que nous vivons tout au long de l'année, afin de partager dans un cadre plus large ce cri du cœur : «Maranatha ! ».

Le festival 2003 étant un premier succès, nous décidons de renouveler l'expérience en 2004.

Une fête unique. Concerts, Veillée d'adoration, Enseignements, Eucharisties, Théâtre, Danses … Le programme était plus que dense ! Du 17 au 19 septembre, dans le jardin du couvent, environ 200 personnes ont participé au festival.

Les points forts du week-end étaient le spectacle de Damien Ricour « Debout dans le vide », littéralement époustouflant, et le concert du groupe musical de Maranatha qui a chauffé la tente du festival ! Cette année, toutes les compositions étaient « Made in Maranatha » – tous des chants originaux, composés par des jeunes pour les jeunes.

Ce festival a été pour nous une joie, car il a été l'occasion d'une « fête unique » nous permettant de partager notre foi. D'après les nombreux témoignages reçus, il a été une joie aussi pour tous ceux qui y ont participé.

Vu notamment les JMJ prochaines, nous avons décidé d'attendre avant de mettre sur pied l'édition 2005.

En revanche, un nouveau projet est en chemin : la Nad'art – Nuit d'adoration et d'art. La première aura lieu du 16 au 17 avril, à Fribourg …  Noémi, Fribourg.

Allez voir le site : www.maranatha-fr.ch



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Un catalogue de l’ensemble des livres édités peut être demandé aux Editions (33 avenue Jean Rieux 31500 Toulouse. Tél. 05 62 47 16 86. Fax. 05 62 47 16 68) ou consulté sur le site :

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Lettre aux Amis de la Province d’Avignon-Aquitaine
Economat provincial des Carmes Déchaux
10 bis rue Moquin Tandon, 34090 Montpellier
Tél: 04 99 23 24 96 Fax: 04 67 52 98 79